Le Matin vom 23.07.1998
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SUISSE | ZURICH

La nouvelle vague des hallucinogènes

La psilocybine, mais aussi la mescaline font un retour en force sur le marché de la drogue Zurich

Victor Fingal

Avec ses effets proche du LSD, la psilocybine avait séduit les adeptes d'hallucinations de la génération «beat» des années 70. Cette drogue, issue d'un champignon connu au Mexique, le psilocybe, et qui avait pratiquement disparu du marché des stupéfiants, fait à nouveau fureur parmi certains adeptes de la techno. Aujourd'hui à Zurich, le Magic Mushroom (champignon magique) se vend 100 francs les 10 grammes. Parfois presque en toute liberté dans des boutiques du IVe arrondissement. Ce champignon, en effet, ne figure pas sur la liste noire des stupéfiants, alors que la substance active que l'on en tire est interdite. Bien sûr, la police des stupéfiants zurichoise intervient si elle réussit à découvrir une vente en flagrant délit.

Mais de l'aveu même des policiers, l'intervention des agents ne se déroule pas plus de dix fois par an sur les bords de la Limmat. Importée essentiellement des Pays-Bas, la consommation du champignon et d'autres hallucinogènes, comme la mescaline tirée du peyolt (un cactus), serait en nette augmentation dans toute l'Europe occidentale. Il existe plus de 80 sortes de psilocybes, des champignons qui poussent notamment sur la bouse de vache et qui existent aussi dans les prés d'Helvétie. Dans l'Amérique précolombienne, des sorciers l'utilisaient pour des recherches mystiques. Utilisée sans précaution, la drogue peut provoquer des délires schizophréniques et a déjà conduit de jeunes consommateurs au suicide.

Le psylocybe, venu du Mexique, pousse aussi dans nos prés, sur la bouse de vache.

Bist
Les officines du IVe arrondissement qui vendent presque ouvertement des drogues douces et des hallucinogènes sont régulièrement fermées par la police. Mais elles rouvrent quelques semaines plus tard, souvent sous la houlette des mêmes responsables. L'un des trucs utilisés consiste à faire passer le magasin de chanvre pour un musée et d'avertir l'acheteur qu'il ne doit en aucun cas consommer les substances psychotropes qu'il y achète. Et si, par le plus grand des hasards, le client transgressait la règle, l'échoppe-musée décline toute responsabilité...

 

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